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<p><sous-titre>XXI</sous-titre> <sous-titre><italique>L’ouvrage noir<span class="appel"/><annotation_interpretation>[Par EloiseRocca] "L'ouvrage noir": Danton désigne par là l'expression russe qui signifie la vaisselle sale, au figuré le sale boulot. C'est également une expression du modèle russe sanguinaire. Le massacre des prisonniers aristocrates est l'ouvrage de la Révolution comme lutte idéologique et sociale.</annotation_interpretation> !<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] Ce chapitre a été publié dans Le Siècle du 26 janvier 1870.</annotation_genetique_edition></italique></sous-titre></p>
<p><personne>Jacques</personne> achevait à peine son dîner que la porte s’ouvrit et que <personne>Danton</personne> entra.</p>
<p>Le docteur se leva avec étonnement.</p>
<p>Oui, c’est moi, lui dit <personne>Danton</personne>, qui voyait l’effet produit par sa présence inattendue. Depuis que je t’ai rencontré, j’ai beaucoup réfléchi ; tu vois dans quel état est <lieu>Paris</lieu> ?</p>
<p>Il est évident que le sentiment de la terreur y est profond, répondit <personne>Jacques</personne>.</p>
<p>Et tu ne vois pas cependant comme moi dans les profondeurs de la situation. Je vais t’y conduire, et alors tu me remercieras d’avoir trouvé moyen de t’éloigner de <lieu>Paris</lieu>.</p>
<p>Ne puis-je donc pas vous être utile ici ?</p>
<p>Non ! car ta mission ne commence que le 20 septembre, et jusque-là tu dois rester étranger à tous les événements qui vont se passer ici. Quelques-uns y laisseront leur vie. (<personne>Jacques</personne> fit un mouvement d’insouciance.) Je sais qu’en acceptant la charge de député à la Convention, tu as fait le sacrifice de la tienne ; mais beaucoup y laisseront leur réputation ou leur honneur. Or, tu dois te présenter à la Convention pur de tout engagement, libre de tout parti. Il sera temps pour toi, une fois que tu seras à l’Assemblée<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [une fois que tu seras à l'Assemblée] "quand tu seras de l'Assemblée"</annotation_genetique_edition>, de te faire jacobin ou cordelier<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "jacobin ou cordelier": les Jacobins et les Cordeliers sont les noms de deux clubs politiques rivaux pendant la Révolution française. Le premier est composé d'une gauche plutôt bourgeoise et acquiert rapidement une influence majeure sur le paysage politique grâce à ses grands débats d'idées. Il constitue un groupe de pression qui est le plus efficace pendant cette période. Mirabeau y siégeait et Robespierre en était l'emblème et le pilier. Le second club se veut beaucoup plus populaire, moins sélectif et plus extrême dans ses actions. Les Cordeliers se revendiquent comme groupement de combat et provoquent une agitation démocratique volontaire. Camille Desmoulins, Danton et surtout Marat en faisaient partie.</annotation_topique_contexte>, de t’asseoir dans la plaine ou sur la montagne.</p>
<p>Que va-t-il donc, à ton avis, se passer ici ?</p>
<p>Je vois encore vaguement l’avenir, si prochain qu’il soit, mais j’y flaire du sang, et beaucoup. Il faut que la lutte de la Commune et de l’Assemblée cesse. Jusqu’à présent, l’Assemblée s’est laissée traîner à la suite de la Commune. Chaque fois que l’Assemblée essaie de s’en défaire, la Commune montre les dents à l’Assemblée, qui recule. L’Assemblée, mon cher <personne>Jacques</personne>, c’est la force selon la loi et avec la loi ; la Commune, c’est la force populaire sans contrôle et sans limites. L’Assemblée, dans une de ses reculades, a voté un million par mois pour la Commune de <lieu>Paris</lieu>. Elle n’est pas, comme tu le comprends bien, décidée à renoncer en se suicidant à un pareil subside<span class="appel"/><annotation_topique_precision>[Par EloiseRocca] "subside": selon le Littré, "levée de deniers faite pour les nécessités de l'Etat".</annotation_topique_precision>. Elle a placé sa dictature entre des mains effrayantes, non pas entre les mains d’hommes du peuple, j’en aurais moins peur que de celles où elle se trouve, des lettrés de taverne, des scribes de ruisseau, un <personne>Hébert<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Hébert": Jacques-René Hébert, né en 1757 et guillotiné en 1794 est membre du Club des Cordeliers et rédacteur du journal Père Duchesne, qui se veut à la portée de la classe populaire peu éduquée et utilise donc un langage argotique et des opinions bien tranchées sur l'aristocratie et la bourgeoisie.</annotation_topique_contexte></personne> qui a été marchand de contremarques, un <personne>Chaumette<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Chaumette": Pierre-Gaspard Chaumette, né en 1763 et guillotiné en 1794, est le procureur de la Commune de Paris pendant la Révolution française et le porte-parole des sans-culottes. Il est aussi membre du Club des Cordeliers et se dit défenseur du peuple. Il a également beaucoup milité pour l'abolition de l'esclavage.</annotation_topique_contexte></personne>, cordonnier manqué, mais démagogue réussi ; c’est à ce dernier qu’elle a eu l’idée de donner le pouvoir sans limite d’ouvrir et de fermer les prisons, d’arrêter et d’élargir ; tous ensemble ils ont pris cette mortelle décision d’afficher aux portes de chaque prison les noms des prisonniers. Or, pendant que le peuple lit ces noms et rêve le massacre, les prisonniers eux- mêmes les provoquent ; ceux de l’<lieu>Abbaye</lieu><span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "l'Abbaye": la prison de l'Abbaye se situait au 10 place Sainte-Marguerite à Paris et fut en usage de 1522 à 1854. Pendant la Révolution française, on y enfermait les personnes soupçonnées d'être opposées à la chute de la monarchie. La prison est célèbre pour les massacres sanglants qui y eurent lieu, notamment en septembre 1792 où 164 prisonniers trouvèrent la mort, dont 18 prêtres. Le massacre devenait un spectacle et la prison était le lieu d'épanouissement d'une sorte de folie meurtrière. Elle fut démolie en 1854 pendant les travaux effectués par Haussmann. </annotation_topique_contexte>, par exemple, insultent les gens du quartier à travers leurs grilles ; ils font entendre des chansons antirévolutionnaires ; ils boivent à la santé du roi, aux Prussiens, à leur prochaine délivrance ; leurs maîtresses viennent les voir, manger et boire avec eux ; les geôliers sont devenus les valets de chambre des nobles, les commissionnaires des riches ; l’or roule à l’<lieu>Abbaye</lieu> et le peuple qui manque de pain montre le poing à cet insolent Pactole qui coule dans les prisons. <lieu>Paris</lieu> est inondé de faux assignats<span class="appel"/><annotation_topique_precision>[Par EloiseRocca] "assignats": selon le Littré, un assignat est "un papier-monnaie émis pendant la Révolution, et dont la valeur était assignée sur les domaines nationaux". </annotation_topique_precision>. Où dit-on qu’on les fabrique ? dans les prisons mêmes ; vrais ou non, ces bruits se répandent et exaspèrent la foule. Joins à cela un <personne>Marat</personne> qui, tordant sa vilaine bouche, demande tous les matins cinquante mille, cent mille, deux cent mille têtes. Non contente de fouler aux pieds toute liberté individuelle, cette féroce dictature d’où je sors et que je voudrais contenir en vain s’attaque à une liberté bien autrement dangereuse, à la liberté de la presse. Quand c’est <personne>Marat</personne> qu’elle devrait poursuivre, c’est un jeune patriote plein de dévouement et d’intelligence qu’elle attaque ; c’est <personne>Girey</personne><span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Girey": Jean-Maris Girey-Dupré, né en 1769 et guillotiné en 1793, est un journaliste et a assuré la direction éditoriale du Patriote Français à partir de 1789. Il crée ensuite en 1791 le journal satirique La Légende Dorée. Girondin influent et défenseur du roi, il est condamné en 1793 par le Tribunal révolutionnaire</annotation_topique_contexte> qu’elle poursuit, qu’elle poursuit jusqu’au ministère de la Guerre où il s’est réfugié. L’Assemblée, mise en demeure, a été forcée de mander à sa barre le président de la Commune <personne>Huguenin</personne><span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Huguenin': Sulpice Huguenin, né en 1750 et mort en 1803, est une figure importante de la Révolution dès ses débuts. Considéré comme chef des émeutiers du Faubourg Saint-Antoine qui envahirent l'Assemblée législative le 20 juin 1792, il se voit nommé président de la Commune de Paris en août suivant. Il sera plus tard accusé de détournement de fonds publics et destitué de ses fonctions lors du procès des Hébertistes en 1793. </annotation_topique_contexte>. <personne>Huguenin</personne> n’a point paru. L’Assemblée, il y a une heure, a cassé la Commune, en déclarant qu’une nouvelle Commune serait nommée par les sections dans les vingt-quatre heures.<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [une nouvelle Commune serait nommée par les sections dans les vingt-quatre heures.] Il y a ici un retour à la ligne dans le journal.</annotation_genetique_edition> Au reste, singulière anomalie qui prouvera dans quel épouvantable gâchis nous sommes : l’Assemblée, en cassant la Commune, a déclaré qu’elle avait bien mérité de la patrie.</p>
<p><italique>Ornandum et tollandum<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [tollandum] "tollendum" (ce qui est la bonne orthographe)</annotation_genetique_edition></italique>, a dit <personne>Cicéron<span class="appel"/><annotation_topique_reference>[Par EloiseRocca] "Ornandum et tollendum": la phrase complète en latin est "laudandum, adolescentem, ornandum, tollendum". On trouve sa première apparition dans une lettre que Decimus Brutus adresse à Cicéron datée de Eporedia 23 Mai où il raconte avoir entendu parler du plaidoyer de Cicéron en faveur d'Octave devant le Sénat. Mais il explique ne pas avoir compris le sens de cette phrase. Cette difficulté vient du dernier mot qui a deux sens qui sont, en français, loué ou expulsé, ce qui rend l'expression ambiguë. Cette ambiguïté se retrouve dans le contexte révolutionnaire appliquée à l'opinion de Jacques Mérey. Dumas utilise fréquemment cette expression latine, on la retrouve par exemple dans Les Compagnons de Jéhu (1857), La Comtesse de Charny (1852) ou encore Le Corricolo (1843).</annotation_topique_reference></personne>.</p>
<p>Oui, mais voilà que la Commune ne veut être ni couronnée ni chassée. La Commune veut rester, régner par la terreur ; elle restera et régnera.</p>
<p>Et tu crois qu’elle aura l’audace d’ordonner quelque grand massacre ?</p>
<p>Elle n’aura pas besoin d’ordonner ; elle laissera faire, elle laissera <lieu>Paris</lieu> dans l’état de sourde fureur où est le peuple ; elle laissera crier les ventres vides, hurler les estomacs affamés ; et si une voix a le malheur de crier : « Assez de statues brisées comme cela ! assez de marbres en morceaux ! assez de plâtres en poussière ! au lieu de nous en prendre à ces effigies<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [à ces effigies] "à des effigies"</annotation_genetique_edition>, prenons-nous- en à ces aristocrates qui boivent à la victoire des étrangers, à ce roi qui les appelle : à l’<lieu>Abbaye</lieu>, au <lieu>Temple</lieu><span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Temple": la prison du Temple se situe dans le troisième arrondissement de Paris. Elle faisait office de prison d'Etat au XIVème siècle, puis fut mobilisée en temps de guerre, puis utilisée pour la conservation des papiers du temple au XVIème siècle. Elle redevient une prison avec la Révolution, et c'est elle que la Commune de Paris choisit pour y faire interner la famille royale le 13 août 1792. </annotation_topique_contexte> d’abord, à la frontière après ! » alors, tout sera dit. Il n’y a que la première goutte de sang qui coûte à verser. La première goutte versée, il en coulera des flots.</p>
<p>Mais, dit <personne>Jacques Mérey</personne>, n’y a-t-il donc point parmi vous un homme qui puisse dominer la situation et diriger l’esprit des masses ?</p>
<p>Nous ne sommes en réalité que trois hommes populaires, dit <personne>Danton</personne>. <personne>Marat</personne>, qui veut et qui prêche le massacre ; <personne>Robespierre</personne>, qui aurait l’autorité ; moi, qui aurais peut-être la force.</p>
<p>Eh bien ?</p>
<p>Nous ne pouvons recourir à <personne>Marat</personne> pour empêcher ce qu’il demande. Robespierre ne se risquera pas à se mettre en travers du flot populaire. Pour chasser des cœurs le démon du massacre, pour faire rougir la mort d’elle-même, pour la faire rentrer dans le néant d’où elle sort, il faut être <personne>César </personne>ou <personne>Gustave-Adolphe<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Gustave-Adolphe": né en 1594 et mort en 1632, il est roi de Suède de 1611 à sa mort, au combat. Il est considéré comme l'un des plus rands stratèges militaires de l'histoire. Grâce à ses nombreuses victoires pendant la Guerre de Trente ans, notamment celle de Breitenfeld en 1631, il fait de la Suède une grande puissance européenne.</annotation_topique_contexte></personne>.</p>
<p>Non, répliqua <personne>Jacques Mérey</personne>, il faut être <personne>Danton</personne> ; il faut prendre un drapeau et parler à ces hommes comme tu as parlé hier à ces femmes qui voulaient te déchirer. Beaucoup peuvent approuver l’idée du massacre, mais, crois-moi, les massacreurs sont peu nombreux. Mets aux portes des prisons tes deux mille enrôlés volontaires d’aujourd’hui ; dis-leur que le prisonnier, tant que la sentence n’est point portée contre lui, est sacré ; qu’il est sous la loi de la nation tout entière, et que la prison est un asile plus inviolable que le sanctuaire. Ils t’écouteront, et pleins d’enthousiasme, ils donneront, s’il le faut, leur vie pour la noble cause dont tu les auras chargés.</p>
<p>Ah ! ma foi ! non, dit <personne>Danton</personne> avec insouciance ; ils se sont enrôlés pour marcher à l’ennemi, et je ne veux pas tromper leur attente ; je ne pousserai point au massacre, mais je ne m’y opposerai pas<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [mais je ne m'y opposerai pas] "mais ne m'y opposerai pas"</annotation_genetique_edition> ; j’y risquerais ma vie.</p>
<p>Et depuis quand <personne>Danton</personne> ménage-t-il sa vie ? dit en riant <personne>Jacques Mérey</personne>.</p>
<p>Depuis que je m’aperçois que personne ne ferait ce qui reste à faire : à établir la République. Ce n’est pas ce fou furieux de <personne>Marat</personne> qui peut être le <personne>Brutus<span class="appel"/><annotation_topique_reference>[Par AnneBolomier] [le Brutus de la nouvelle république] : Marcus Junius Brutus (né en 85 av. J.-C. et mort en 42 av. J.-C.) est un sénateur romain, juriste et philosophe célèbre pour avoir jusqu'à sa mort défendu la république romaine, notamment contre les menaces de despotisme de César, dont il était pourtant très proche. C'est à Brutus que l'on attribue la mort de César parce qu'il lui porta le dernier coup de poignard qui le tua. </annotation_topique_reference> </personne>de la nouvelle république, – lui ne fait pas le fou, il l’est réellement. – Ce n’est pas cet hypocrite de <personne>Robespierre</personne>, qui en est peut-être le <personne>Washington </personne>; il s’est opposé à la guerre que tout le monde voulait, et va être un an ou deux à rétablir sur sa base sa popularité ébranlée. Il n’y a donc que moi. Eh bien ! moi, je te le dirai tout bas, au risque de t’épouvanter, moi, je ne suis pas bien convaincu qu’il soit sage<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [qu'il soit sage] "qu'il est sage"</annotation_genetique_edition> de marcher à un ennemi terrible en laissant un ennemi plus terrible derrière soi. Le peuple, dans les grands cataclysmes révolutionnaires, a parfois de ces subites et foudroyantes illuminations. Oui, l’ennemi à craindre, le véritable ennemi, celui qui perdra la <lieu>France</lieu> si nous le laissons vivre, conspirer, correspondre, de sa prison du <lieu>Temple</lieu><span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [de sa prison du Temple] "de sa prison au Temple"</annotation_genetique_edition> et du <lieu>Temple</lieu> au camp de <personne>Frédéric-Guillaume<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Frédéric-Guillaume": Frédéric-Guillaume II de Prusse est roi de Prusse de 1786 à sa mort en 1797. Il confirme par son règne l'influence qu'acquiert progressivement la Prusse au sein des puissances européennes. Danton désigne donc ici la Prusse en tant que puissance militaire qu'elle est devenue.</annotation_topique_contexte></personne>, c’est le roi, ce sont les royalistes et tous les aristocrates.</p>
<p>Comment, tu laisserais la vengeance populaire monter jusqu’au roi ?</p>
<p>Non, car la mort des royalistes et des aristocrates suffira pour épouvanter le roi et l’empêcher de continuer ses coupables menées. D’ailleurs, ce n’est pas dans un orage populaire qu’il faut que le roi meure, c’est par un jugement public, c’est par un arrêt de la nation, c’est de la mort des traîtres, des transfuges et des parjures<span class="appel"/><annotation_interpretation>[Par EloiseRocca] Ce discours de Danton est représentatif d'une période de la Révolution française pendant laquelle les idées tendaient encore vers un idéal de justice, avant de basculer dans la Terreur.</annotation_interpretation>.</p>
<p>Mais je croyais que tu avais fait serment à ta femme non seulement de ne jamais prendre part à la mort du roi, mais de le défendre.</p>
<p>Ami, aux jours de révolution, bien fou qui fait de pareils serments, et plus fous encore sont ceux qui y croient. Si j’ai fait le serment que tu dis, c’était avant la fuite de <lieu>Varennes</lieu>, il y a déjà longtemps de cela, et des serments faits à cette époque je me souviens à peine. Laisse écouler encore deux ou trois mois, je l’aurai oublié tout à fait. Et puis, après tout, est-ce donc un sang si pur que celui qui coulera par-dessous les portes des prisons ? De faux Français, de mauvais citoyens, des traîtres, des parricides ! Et puisque nous avons des hommes qui consentent à faire l’<italique>ouvrage noir</italique>, comme disent les Russes<span class="appel"/><annotation_topique_auteur>[Par AmyTounkara] Dumas est un familier avec la Russie. En 1858, il y effectue un voyage chez son ami le comte Alexan­dre Kouchelev-Bezborodko, où il reçoit un accueil enthousiaste. Il publie De Paris à Astrakan, nouvelles impressions de voyage, en 1865. Une partie de son récit est consacré à différentes figures de tsar.</annotation_topique_auteur>, couvrons-nous le visage, gémissons et laissons-les faire. Il est bon, crois-moi, de compromettre <lieu>Paris</lieu> tout entier aux yeux du monde, afin que <lieu>Paris</lieu> sache qu’il n’y a pas de pardon pour lui s’il laisse entrer l’ennemi dans ses murs.</p>
<p><personne>Jacques Mérey</personne> regarda <personne>Danton</personne>, et vit dans les lignes calmes de son visage les preuves d’une inébranlable décision ; il n’agirait pas<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [il n'agirait pas] "il ne ferait pas"</annotation_genetique_edition>, mais, comme il le disait, il n’empêcherait pas les autres d’agir.</p>
<p>Tu as raison, <personne>Danton</personne>, dit <personne>Jacques Mérey</personne>, je ne suis pas encore assez profondément trempé dans le stoïcisme révolutionnaire pour dire comme toi : « Tel sang est pur, tel sang est impur » ; pour moi, médecin, le sang est encore la matière la plus précieuse à la vie, de la chair coulante, une liqueur composée de fibrine, d’albumine et de sérosité, que je dois essayer de faire rentrer dans les veines de l’homme au lieu de l’en faire sortir : envoie-moi donc bien vite là où je puisse faire le bien sans faire le mal, et où je ne sois pas obligé de passer par le mal pour arriver au bien.</p>
<p>Voilà justement ce qui m’a fait venir te trouver. Écoute, voici en deux mots ce qui se passe là-bas. Le 19 août 1792<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "19 août 1792": c'est en effet le jour où l'armée prussienne de Brunswick franchit la frontière française.</annotation_topique_contexte>, les Prussiens et les émigrés sont entrés en <lieu>France</lieu>. Ils entrèrent par une pluie battante, présage terrible pour eux.</p>
<p>Tu crois aux présages ?</p>
<p>Ne sommes-nous pas des Romains ? Les Romains y croyaient, faisons comme eux. – Ils se présentèrent le 20 devant <lieu>Longwy</lieu>, c’est-à-dire que, de <lieu>Coblence</lieu><span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [Coblence] Le nom est orthographié "Coblentz".</annotation_genetique_edition> à <lieu>Longwy</lieu>, ils ont mis vingt jours à faire quarante lieues. Au huitième coup de canon, <lieu>Longwy</lieu> se rendit, et le roi <personne>Frédéric-Guillaume</personne> y fit son entrée. Au lieu de marcher immédiatement sur Verdun, ils restèrent huit jours campés autour de leur conquête ; ils y sont encore. La <lieu>France</lieu>, pendant ce temps, resta sur la défensive. Or, la défensive ne va point à la <lieu>France</lieu>. La <lieu>France</lieu> n’est point un bouclier, c’est une épée : sa force est dans son attaque.<nouvelle_ligne/>» Ces huit jours d’hésitation de l’ennemi ont sauvé la <lieu>France</lieu> ; pendant ces huit jours, deux mille hommes sont partis chaque jour de <lieu>Paris</lieu> ; tu crois que les enrôlements volontaires datent d’aujourd’hui, tu te trompes. Il a fallu<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [Il a fallu] "Il fallut"</annotation_genetique_edition>, il y a trois jours, un décret de l’Assemblée pour forcer de rester à leur atelier les typographes qui imprimaient les séances ; il a fallu étendre le décret aux serruriers, tous auraient pris le fusil, pas un ne serait resté pour en faire. Nos églises, désertes par la disparition d’un culte inutile, sont devenues des ateliers où des milliers de femmes travaillent au salut commun : elles préparent les tentes, les habits, les équipements militaires, chacune couvre et réchauffe d’avance son enfant qui part et qui va combattre l’ennemi.<nouvelle_ligne/>» Dans ces églises mêmes s’accomplit<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [s'accomplit] "s'accomplissait"</annotation_genetique_edition> sous leurs yeux une action mystérieuse et salutaire. Sur ma proposition, l’Assemblée a décidé que l’on fouillera les tombeaux et qu’on emploiera pour la défense du pays le cuivre et le plomb des cercueils. »<span class="appel"/><annotation_interpretation>[Par EloiseRocca] Danton décrit ici dans un discours patriote l'effort de guerre développé en pleine instabilité politique pour défendre la France contre la Prusse qu'il emprunte à peu de différence près à Michelet.</annotation_interpretation></p>
<p><personne>Jacques Mérey</personne> regarda <personne>Danton</personne> avec plus d’admiration encore que d’étonnement.</p>
<p>Et c’est sur ta proposition, dit-il, que l’Assemblée a rendu ce décret ?</p>
<p>Oui, répondit <personne>Danton</personne>. Si près de périr, la <lieu>France</lieu> des vivants n’avait-elle pas le droit de demander secours à la <lieu>France</lieu> des morts ? Crois- tu que ces morts dont on a ouvert et pris les cercueils ne les eussent point donnés pour sauver leurs enfants et les enfants de leurs enfants ? Quant à moi, au premier tombeau ouvert, il m’a semblé entendre ce cri sorti des abîmes de la mort : « Prenez non seulement nos cercueils, mais nos ossements, si de nos ossements vous pouvez vous faire des armes contre l’ennemi. »</p>
<p><personne>Jacques Mérey</personne> se leva.</p>
<p><personne>Danton</personne>, dit-il, tu es vraiment grand, plus grand encore que je ne croyais !</p>
<p>Non, mon ami, répondit <personne>Danton</personne> avec simplicité, c’est la <lieu>France</lieu> qui est grande et non pas nous. Nous, nous n’atteignons pas la hauteur de cette femme, de cette mère qui apporta à l’Assemblée sa croix d’or, son cœur d’or, son dé d’argent, tandis que sa fille, une enfant de douze ans, apportait sa timbale d’argent et une pièce de quinze sous. Le jour où j’ai vu cela, vois-tu, j’ai dit : « La <lieu>France</lieu> a vaincu ! Avec ta croix d’or, avec ton cœur d’or, avec ton dé d’argent, femme ; avec ta timbale d’argent, avec tes quinze sous, enfant, la <lieu>France</lieu> va lever des armées. »<span class="appel"/><annotation_topique_intertextualite>[Par EloiseRocca] Tout ce passage est inspiré du chapitre VIII du livre VII du tome IV de l'Histoire de la Révolution française de Michelet qui raconte: ". C'est aussi ce qu'offrit, dans l'Assemblée nationale, une mercière de la rue Saint-Martin, qui vint avec son enfant. La mère donne sa croix d'or, un cœur en or et son dé d'argent. L'enfant, une petite fille, donne ce qu'elle a, une petite timbale d'argent et une pièce de quinze sols. Ce dé, l'instrument du travail pour la pauvre veuve, la petite pièce qui fait toute la fortune de l'enfant !... Ah ! Trésor !... Et comment la France, avec cela, n'aurait-elle pas vaincu ?"</annotation_topique_intertextualite> Non ; où nous fûmes grands, sais-tu où ce fut ? C’est lorsque la Gironde, les jacobins et les cordeliers sont tombés d’accord pour confier la défense nationale au seul homme qui pouvait sauver la <lieu>France</lieu>.</p>
<p>À <personne>Dumouriez<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Dumouriez": Charles-François du Perrier du Mouriez, né en 1739 et mort en 1823, est connu dans la mémoire national pour sa victoire lors de la bataille de Valmy. Il est lieutenant-général au début de l'année 1792, puis général en chef. Il est ensuite nommé ministre des affaires étrangères et pousse à la guerre contre l'Autriche. Ami avec Danton, il prend le commandement de l'armée des Ardennes en août pour faire reculer les Prussiens, ce qu'il parviendra à faire le 20 septembre.</annotation_topique_contexte></personne> ?</p>
<p>À <personne>Dumouriez</personne>. Les Girondins le haïssaient, et non sans raison ; ils l’avaient fait arriver au ministère, et lui les en avait chassés ; les jacobins ne l’aimaient nullement, ils savaient très bien qu’il portait deux masques et jouait un double jeu ; mais ils savaient aussi qu’il serait ambitieux de gloire et qu’avant tout il voudrait vaincre.</p>
<p>Et toi, qu’as-tu fait ?</p>
<p>J’ai fait plus que les autres. Je lui ai envoyé <personne>Fabre d’Églantine<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Fabre d'Eglantine": Philippe-François-Nazaire Fabre est né en 1750 et guillotiné en 1794. Il est acteur et dramaturge et s'engage dans la Révolution française. A l'été 1792, Danton l'engage comme secrétaire général avec Camille Desmoulins.</annotation_topique_contexte></personne>, ma pensée, <personne>Westermann</personne>, mon bras, <personne>Westermann<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Westermann": François-Joseph Westermann est né en 1751 et guillotiné en 1794. Favorable aux idées de la Révolution, il est l'un des premiers à forcer l'entrée aux Tuileries en massacrant les gardes suisses le 10 août 1792. Il est alors nommé adjudant-général par Danton qui l'envoie auprès de Dumouriez. Il restera célèbre pour les atrocités qu'il commet lors des massacres en Vendée.</annotation_topique_contexte></personne>, c’est-à-dire le 10 août en personne. Tous les vieux soldats, les <personne>Luckner<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Luckner": Nicolas Luckner est né en 1722 et guillotiné en 1794. Il est d'origine allemande et passe au service de la France en 1763. Il dirige l'armée du Nord jusqu'en juillet 1792. En août, suspecté de royalisme, il est attaqué par les autrichiens au combat de Fontoy puis appelé à la Convention pour rendre compte de sa conduite.</annotation_topique_contexte></personne> et les <personne>Kellermann<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Kellermann": François Christophe Kellermann est né en 1735 et mort en 1820. Pendant la Révolution, il reçoit le commandement de l'armée de la Moselle avec laquelle il remporte la bataille de Valmy aux côtés de Dumouriez. Il sera d'ailleurs fait duc de Valmy sous le régime impérial en 1808.</annotation_topique_contexte></personne>, lui ont été infériorisés. <personne>Dillon<span class="appel"/><annotation_topique_contexte>[Par EloiseRocca] "Dillon": Arthur comte de Dillon est né en 1750 et mort en 1794. Irlandais, il participe à la guerre d'indépendance des colonies britanniques d'Amérique à la tête d'un des régiments envoyés aux Antilles par Louis XVI. De retour en France, il commande l'aile gauche de l'armée du Nord de janvier 1792 à août de la même année. Il devient alors employé de cette armée, sous les ordres de Dumouriez.</annotation_topique_contexte></personne>, son chef, lui a été soumis. Toutes les forces de la France ont été mises dans sa main.</p>
<p>Et tu ne doutes pas, tu ne trembles point parfois de t’être trompé ?</p>
<p>Si fait, et tu vas voir tout à l’heure que si, puisque c’est à cette occasion que je te fais partir.<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [je te fais partir.] Il y a ici un retour à la ligne dans le journal.</annotation_genetique_edition> Tu vas te rendre à <lieu>Verdun </lieu>; tu t’entendras avec <personne>Beaurepaire </personne>pour organiser<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [pour organiser] "pour y organiser"</annotation_genetique_edition> la meilleure défense possible ; puis, si Verdun est pris, tu te rendras immédiatement près de <personne>Dumouriez</personne>. Je te donnerai des lettres qui t’accréditeront près de lui ; tu l’étudieras profondément. S’il marche franchement, droitement, dans la voie de la République, tu l’y encourageras par ton exemple et par tes éloges ; s’il hésite, si tu vois en lui quelque embarras, quelque manœuvre suspecte, tu lui brûleras la cervelle et tu donneras le commandement à <personne>Kellermann</personne>. Voici tes pouvoirs.</p>
<p>Se bornent-ils là ?</p>
<p>Si l’ennemi est vaincu, ne pas le pousser à bout en le mettant dans une position désespérée. J’ai tout lieu de croire que <personne>Frédéric-Guillaume</personne> ne tient pas énormément à la coalition. Une grande bataille, une grande victoire, et que les Prussiens arrivent à sortir de <lieu>France</lieu>, toute leur machine est démontée. D’ailleurs, on m’attendra, et c’est moi qui me charge de faire la conduite à ces messieurs.</p>
<p>Prends garde, <personne>Danton</personne>, si tu épargnes l’armée prussienne après avoir laissé frapper si cruellement <lieu>Paris</lieu>, on dira que tu as reçu des subsides du roi <personne>Guillaume</personne>.</p>
<p>Bon ! on dira bien autre chose de moi, va ! Mais nous autres, hommes de lutte, qui faisons et qui défaisons les révolutions, nous sommes comme ces chefs barbares que leurs soldats enfermaient d’abord dans un cercueil d’or, puis dans un cercueil de plomb, puis enfin dans un cercueil de chêne. Le premier historien qui nous exhume ne voit que le cercueil de chêne ; le second le brise et ne trouve que le cercueil de plomb ; le troisième, plus consciencieux que les autres, fouille plus loin qu’eux et trouve le cercueil d’or<span class="appel"/><annotation_topique_reference>[Par EloiseRocca] "cercueil d'or": les cendres de l'Empereur Napoléon Ier furent transportées dans six cercueils: un en fer blanc, un en acajou, deux en plomb dont l'un portait l'inscription en lettres d'or "Napoléon empereur mort à Sainte-Hélène le 5 mai 1821", un en ébène qui portait en lettres d'or le seul nom "Napoléon" et un dernier en chêne.</annotation_topique_reference>. C’est dans celui-là que je serai enseveli, <personne>Jacques</personne>.</p>
<p><personne>Jacques</personne> tendit la main à cet homme étrange, qui venait de grandir d’une coudée sous ses yeux<span class="appel"/><annotation_genetique_edition>[Par GaelleGuilissen] [qui venait de grandir d'une coudée sous ses yeux] "qui venait de grandir sous ses yeux d'une coudée"</annotation_genetique_edition>.</p>
<p>Et quand partirai-je ? demanda-t-il.</p>
<p>Ce soir, et il n’y a pas une minute à perdre. <lieu>Verdun</lieu> est à près de soixante lieues de <lieu>Paris</lieu>, il te faut vingt-cinq heures pour y aller. Voilà dix mille francs en or, il faut que tu en fasses assez.</p>
<p>J’en aurai trop.</p>
<p>Tu rendras tes comptes à ton retour. Songe que tu es en mission pour le gouvernement, et qu’aucun obstacle ne doit arrêter un homme qui a le sabre au côté, deux pistolets à sa ceinture et dix mille francs dans sa poche.</p>
<p>Rien ne m’arrêtera.</p>
<p>Adieu, bonne chance ! Tu vas faire la besogne sainte, poétique, glorieuse ; nous, nous allons faire l’<italique>ouvrage noir</italique>. Adieu !</p>
<p>Deux heures après, <personne>Jacques Mérey</personne> était en route.</p>
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