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<p><sous-titre>REVUE HISTORIQUE<nouvelle_ligne/> de<nouvelle_ligne/> toutes les Jeannes célèbres</sous-titre></p>
<p>J’ai fait l’appel, pendant la nuit,<nouvelle_ligne/> Des femmes que l’on nomme <italique>Jeanne</italique> :<nouvelle_ligne/> Sans crainte d’être contredit,<nouvelle_ligne/> Ou bien de passer pour profane,<nouvelle_ligne/> Je réserve tout mon encens<span class="appel"/><annotation_topique_reference>[Par Lothaire Berthier] Au figuré, une louange ou flatterie excessive.</annotation_topique_reference><nouvelle_ligne/> À la <italique>Patrone</italique> de Céans.</p>
<p><nouvelle_ligne/> <nouvelle_ligne/> <italique>Jeanne de Bourgogne</italique>, à Paris,<nouvelle_ligne/> Fonda Collège, dit l’histoire<span class="appel"/><annotation_topique_reference>[Par Lothaire Berthier] Jeanne II de Bourgogne (vers 1291-1330), épouse du roi Philippe V, a ordonné la fondation du collège de Bourgogne à sa mort. Le site a été depuis occupé par l'École de médecine.</annotation_topique_reference> :<nouvelle_ligne/> À sa place, mes bons amis,<nouvelle_ligne/> J’aurais planté vigne pour boire ;<nouvelle_ligne/> Pour boire, dans de doux moments,<nouvelle_ligne/> À la <italique>Patrone</italique> de Céans.</p>
<p><nouvelle_ligne/> <nouvelle_ligne/> De Nonains, à Bourges, un couvent<nouvelle_ligne/> Fut doté par <italique>Jeanne de France<span class="appel"/><annotation_topique_reference>[Par Lothaire Berthier] Il existe plusieurs Jeanne de France ; il est ici fait allusion à la fille de Louis XI, surnommée également la Boiteuse, reine désavouée, courageuse et aimée de son peuple (1464-1505).</annotation_topique_reference></italique> :<nouvelle_ligne/> La <italique>nôtre</italique> instruit en amusant,<nouvelle_ligne/> Dans des récits pleins de décence :<nouvelle_ligne/> Relisons les jolis romans<nouvelle_ligne/> De la <italique>Patrone</italique> de Céans.</p>
<p><nouvelle_ligne/> <nouvelle_ligne/> Épouse de quatre maris,<nouvelle_ligne/> Jeanne, à tous les quatre infidèle ;<nouvelle_ligne/> <italique>Jeanne de Naples</italique>, mes amis,<nouvelle_ligne/> N’a point de place ici pour elle<span class="appel"/><annotation_topique_reference>[Par Lothaire Berthier] Jeanne Ire de Naples (1326-1382), mariée successivement à André de Hongrie (qu'elle a probablement fait assassiner), Louis de Tarente, Jaime III de Majorque et Othon de Brunswick.</annotation_topique_reference> : <nouvelle_ligne/> Gardons nos plus chers sentiments<nouvelle_ligne/>À la <italique>Patrone</italique> de Céans.</p>
<p><nouvelle_ligne/> <nouvelle_ligne/> Mère du tyran Charles-Quint,<nouvelle_ligne/> <italique>Jeanne d’Espagne</italique>, ou bien <italique>la folle<span class="appel"/>,<annotation_topique_reference>[Par Lothaire Berthier] Jeanne Ire de Castille (1479-1555), reine de Castille et d'Aragon, épouse de Philippe le Beau. Sylvain Maréchal ne lui reproche pas sa folie mais son rôle politique puisqu'elle est une grande figure de la monarchie espagnole.</annotation_topique_reference></italique><nouvelle_ligne/> Dans ce séjour républicain,<nouvelle_ligne/> Ne saurait obtenir un rôle :<nouvelle_ligne/> Gardons nos plus chers sentiments<nouvelle_ligne/>À la <italique>Patrone</italique> de Céans.</p>
<p><nouvelle_ligne/> <nouvelle_ligne/> Dans nos biographes savants,<nouvelle_ligne/> Une autre <italique>Jeanne</italique>, dite <italique>Flore<span class="appel"/><annotation_topique_reference>[Par Lothaire Berthier] Jeanne Flore, poétesse lyonnaise du XVIe siècle, dont l'œuvre la plus connue s'intitule Comptes amoureux, recueil d'histoires galantes et érotiques contées par des jeunes filles parties faire les vendanges. Il s'agit d'un pseudonyme, peut-être utilisé par un homme.</annotation_topique_reference></italique>,<nouvelle_ligne/> Fit des contes plus que galants :<nouvelle_ligne/> Passons vite ; passons encore ;<nouvelle_ligne/> Et réservons nos cœurs aimants<nouvelle_ligne/>À la <italique>Patrone</italique> de Céans.</p>
<p><nouvelle_ligne/> <nouvelle_ligne/> Enfin, la Cité d’Orléans,<nouvelle_ligne/> De <italique>Jeanne d’Arc<span class="appel"/><annotation_topique_reference>[Par Lothaire Berthier] Jeanne d'Arc n'est pas native d'Orélans mais elle est à l'origine de la libération de la ville, ce qui lui vaut le surnom de Pucelle d'Orléans.</annotation_topique_reference></italique> est toute fière :<nouvelle_ligne/> Quoiqu’on en dise, aux faits vaillants<nouvelle_ligne/> De cette femme, je préfère,<nouvelle_ligne/> Je mets au-dessus les romans<nouvelle_ligne/> De la <italique>Patrone</italique> de Céans.</p>
<p><nouvelle_ligne/> <nouvelle_ligne/> Mes amis ! j’avais donc raison :<nouvelle_ligne/> <italique>Jeanne la folle</italique>, ou <italique>Bourguignonne</italique> ;<nouvelle_ligne/> <italique>Jeanne d’Arc</italique>, ou tout autre nom<nouvelle_ligne/> Ne valent pas notre <italique>Patrone</italique> :<nouvelle_ligne/> Amis ! portons avec amour<nouvelle_ligne/> Nos toasts<span class="appel"/><annotation_topique_reference>[Par Olivier Ritz] À lire en deux syllabes pour que le vers en comporte huit.</annotation_topique_reference> à <italique>Jeanne D*** <span class="appel"/><annotation_topique_reference>[Par Lothaire Berthier] Le nom de l'auteur n'étant pas mentionné sur la page de titre, il est normal qu'il soit partiellement caché par Sylvain Maréchal. La première lettre de son nom et la rime avec « amour » ne laisse cependant aucun doute sur l'identité de (Marie Armande) Jeanne (Gacon) Dufour.<br/></annotation_topique_reference></italique> .</p>
<p>Sylvain M***.</p>
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