Corpus Firmin ou le Jouet de la fortune

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AVERTISSEMENT NÉCESSAIRE, ou PRÉFACE INUTILE[Par Carla Chevillard] Rosny insère la préface à la fin de son roman, ce qui est à première vue étonnant. Les propos qu'il y tient justifient pourtant ce choix puisqu'il ne cesse de dire à la fois une chose et son contraire. Dès le titre, il annonce que ce texte est à la fois nécessaire et inutile..

Je vous ai trompé, mon cher lecteur[Par Carla Chevillard] Cette apostrophe affectueuse vise à construire une connivence avec le lecteur., j’ai abusé de votre bonne foi en donnant à mon ouvrage un titre fallacieux, mais je vous en demande mille et mille pardons ; je conviens qu’un pareil abus de confiance est bien mal de ma part
[Par Carla Chevillard] Cette façon de s'excuser si insistante intrigue et amuse le lecteur tout en prévenant d'éventuelles critiques., mais en vérité ce petit charlatanisme était plus que nécessaire, il était indispensable. C’est un peu de votre faute ; pourquoi diable aussi vous avisez-vous de ne vouloir, dans vos lectures, que de grands événements[Par Carla Chevillard] Rosny réaffirme l'emprise du lecteur sur son travail d'écriture: c'est pour lui plaire qu'il a entrepris ce récit, pour correspondre à la demande et aux attentes de son lectorat, qu'il accuse directement.. Convenez à votre tour que si, tout simplement, j’eusse intitulé mon livre, Histoire Véritable, que vous ne l’eussiez pas lu, pas même acheté ; et cependant les aventures de Firmin ont le mérite de la réalité. J’ai pu, selon l’usage, embellir mon récit, le broder par fois, mais j’ose affirmer que le fond n’en est pas moins vrai[Par Carole Landa] Cette tension entre fiction et réalité est une réflexion partagée par de nombreux auteurs. L'adjectif vrai renvoie à une conception de la littérature qui considère que la fiction, autant que la réalité, est porteuse de vérité.. Cependant, afin que vous n’ayez aucun reproche à me faire, je vous invite, cher lecteur, à le regarder comme un roman absolument dénué de vraisemblance, et pur effet de l’imagination[Par Carla Chevillard] Nouveau retournement : juste après avoir dit que son récit était réel, il invite à la considérer comme un récit imaginaire. Par ce procédé, il se protège des critiques. . Il serait même impolitique de ma part de l’annoncer autrement, car ce serait me faire inutilement des ennemis, et me mettre à dos certains libraires qui ne me pardonneraient jamais d’avoir mis au jour le tableau fidèle de leurs petits moyens de spéculation, ainsi que de la juste mesure d’estime qu’ils méritent[Par Carla Chevillard] Cette déclaration fait écho à sa présentation du monde littéraire dans le chapitre XII de la première partie. Rosny reproche aux libraires leur conception commerciale de la littérature, et par-là le joug qu'ils exercent sur les auteurs, notamment pendant la Révolution française.


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